La pensée critique et le discours rationnel sont des compétences inestimables dans le monde d'aujourd'hui, dominé par l'information. La construction et l'évaluation d'arguments solides nécessitent une compréhension approfondie des sophismes logiques, qui sont des erreurs de raisonnement pouvant rendre un argument invalide ou trompeur.
Dans cet article de blog complet, nous allons explorer un large éventail de sophismes logiques courants, en fournissant des descriptions claires et des exemples illustratifs pour vous aider à reconnaître et à éviter ces pièges dans vos arguments et vos discussions.
Liste de sophismes avec exemples
Ad Hominem
Attaquer la personne qui avance l'argument au lieu de s'attaquer à l'argument lui-même.
Exemple : "N'écoutez pas leur argument sur le changement climatique ; ce ne sont que des écologistes qui se battent pour les arbres".
L'homme de paille
Déformer ou exagérer l'argument d'un adversaire pour le rendre plus facile à attaquer.
Exemple : "Les opposants à la réforme des soins de santé veulent laisser les gens souffrir et mourir sans soins médicaux.
Appel à l'ignorance
Affirmer qu'une chose est vraie parce qu'il n'a pas été prouvé qu'elle était fausse (ou vice versa).
Exemple : "Personne n'a prouvé que les extraterrestres n'existent pas : "Personne n'a prouvé que les extraterrestres n'existent pas, donc ils doivent être là."
Faux dilemme (ou fausse dichotomie)
Présenter une situation comme s'il n'existait que deux options possibles.
Exemple : "Vous êtes avec nous ou contre nous".
Raisonnement circulaire
Utiliser la conclusion d'un argument comme l'une des prémisses.
Exemple : "La Bible est vraie parce qu'elle le dit et qu'elle est la parole de Dieu".
Appel à l'autorité
Soutenir que quelque chose est vrai parce qu'une figure d'autorité ou un expert l'affirme.
Exemple : "Le docteur Smith dit que ce régime est le meilleur, donc il doit être vrai".
Généralisation hâtive
Tirer une conclusion générale sur la base de preuves insuffisantes ou anecdotiques.
Exemple : "J'ai rencontré deux personnes mal élevées dans cette ville, donc tous les habitants de cette ville doivent être mal élevés".
Faux raisonnement post hoc (ou faux raisonnement de corrélation et de causalité)
Supposer que parce qu'un événement suit un autre, le premier événement doit avoir causé le second.
Exemple : "J'ai porté mes chaussettes porte-bonheur et mon équipe a gagné. Par conséquent, les chaussettes sont porteuses de chance".
Hareng rouge
Introduire des informations non pertinentes ou un argument sans rapport avec le sujet.
Exemple : "Ne parlons pas du déficit budgétaire ; qu'en est-il de notre sécurité nationale ?"
Appel à l'émotion
Utiliser la manipulation émotionnelle pour gagner un argument.
Exemple : "Soutenez cette organisation caritative ; pensez aux enfants qui souffrent !".
Poser la question (raisonnement circulaire)
Supposer la conclusion d'un argument dans l'une des prémisses.
Exemple : "Cette politique est mauvaise parce qu'elle n'est pas une bonne politique" : "Cette politique est mauvaise parce qu'elle n'est pas bonne".
Appel à la tradition
Argumenter que quelque chose est vrai ou meilleur parce que cela a toujours été fait ainsi.
Exemple : "Nous avons toujours procédé de cette manière ; il n'y a pas lieu de changer".
L'erreur de composition
Supposer que ce qui est valable pour une partie de quelque chose est vrai pour l'ensemble.
Exemple : "Chaque membre de l'équipe est hautement qualifié, donc l'équipe entière doit être imbattable".
L'erreur de division
Supposer que ce qui est valable pour le tout est vrai pour ses parties.
Exemple : "L'entreprise est très rentable, donc chaque employé doit être bien payé".
Pente glissante
Argumenter qu'une action mineure entraînera une chaîne de conséquences négatives.
Exemple : "Si nous autorisons cette petite augmentation d'impôt, cela conduira à un effondrement total de l'économie".
Pas d'écossais véritable
Refuser d'accepter un contre-exemple à une affirmation en modifiant la définition ou les critères de l'affirmation initiale.
Exemple : "Aucun vrai supporter ne critiquerait jamais son équipe".
Appel à la nature
Argumenter que quelque chose est bon ou juste parce que c'est naturel.
Exemple : "Il est naturel pour les animaux de se battre, cela doit être naturel pour les humains aussi".
L'erreur génétique
Rejeter un argument en fonction de sa source ou de son origine.
Exemple : "Cette idée vient d'un site conspirationniste, elle doit être fausse".
L'erreur des coûts irrécupérables
Poursuite d'une action en raison des ressources déjà investies.
Exemple : "J'ai dépensé tellement d'argent pour ce projet ; je ne peux pas abandonner maintenant, même s'il échoue."
L'erreur anecdotique
S'appuyer sur des anecdotes personnelles ou des exemples isolés pour formuler une affirmation générale ou universelle.
Exemple : "Mon grand-père fumait un paquet de cigarettes par jour et a vécu jusqu'à 90 ans : "Mon grand-père fumait un paquet par jour et a vécu jusqu'à 90 ans, donc fumer ne peut pas être si mauvais que cela".
Equivoque
L'équivoque se produit lorsqu'un terme ayant plusieurs significations est utilisé délibérément pour tromper le public en passant d'une signification à l'autre.
Exemple : "Je ne peux pas te donner un A, c'est impossible". (Ici, l'équivoque se situe entre "impossible" qui signifie difficile, et "impossible" qui signifie pas du tout réalisable).
Appel à la popularité (Ad Populum)
Ce sophisme consiste à affirmer qu'une chose est vraie ou bonne parce qu'elle est populaire ou largement acceptée.
Exemple : "Tout le monde utilise cette nouvelle plateforme de médias sociaux, c'est forcément la meilleure".
Cueillette des cerises (preuves sélectives)
Le picorage consiste à ne présenter de manière sélective que les preuves ou les données qui soutiennent votre argumentation, tout en ignorant ou en omettant les preuves qui la contredisent.
Exemple : "Regardez ces cinq études qui soutiennent l'efficacité de notre produit et ignorez les vingt études qui ne le soutiennent pas".
Question sur le chargement
Une question tendancieuse pose une hypothèse injuste ou injustifiée, souvent pour piéger ou manipuler la personne interrogée.
Exemple : "Avez-vous cessé de tricher aux examens ?"
L'erreur du joueur
Cette erreur consiste à croire que des événements indépendants antérieurs influencent les probabilités futures, comme si l'on supposait qu'une pièce de monnaie a plus de chances de tomber sur face après une série de queues.
Exemple : "La roulette est tombée cinq fois de suite sur le noir, il est donc prévu qu'elle tombe ensuite sur le rouge".
Terrain d'entente (faux compromis)
L'erreur du juste milieu suppose que le point médian entre deux extrêmes est toujours la meilleure solution, sans tenir compte du fait que l'un des extrêmes peut être correct ou que la vérité peut se trouver ailleurs.
Exemple : "Pour régler notre désaccord, divisons la différence et faisons les choses à moitié".
L'erreur du tireur d'élite de Portland
Tirer une conclusion sur la base de données sélectives ou aléatoires en ignorant le contexte général.
Exemple : "Je me gare toujours à la place 23, c'est la place la plus chanceuse. Il suffit de regarder toutes les bosses sur les voitures garées sur les autres places".
Appel à la peur (Ad Baculum)
Ce sophisme utilise la peur ou la menace de conséquences négatives pour persuader quelqu'un d'accepter votre argument.
Exemple : "Si vous ne soutenez pas cette politique, notre pays est condamné ! "Si vous ne soutenez pas cette politique, notre pays est condamné !".
Tu Quoque (Appel à l'hypocrisie)
Tu Quoque rejette un argument ou une affirmation parce que la personne qui l'avance n'y adhère pas elle-même, sans aborder le bien-fondé de l'argument.
Exemple : "Tu me dis d'arrêter de fumer, mais toi aussi tu fumes !".
Le sophisme de la fausse cause (Non Causa Pro Causa)
Ce sophisme suppose que, parce qu'un événement en précède un autre, le premier doit avoir causé le second sans qu'il y ait suffisamment de preuves pour établir un lien de causalité.
Exemple : "J'ai mangé de la glace, puis il a plu, donc manger de la glace provoque de la pluie".
L'erreur de la barbe (paradoxe des sorites)
Le sophisme de la barbe se produit lorsque quelqu'un rejette une affirmation parce qu'il est impossible de déterminer où la ligne ou la frontière doit être tracée, en particulier dans les cas où il y a un spectre graduel ou continu.
Exemple : "À partir de quel moment une personne ayant 49 cheveux devient-elle chauve ? C'est subjectif, donc la calvitie n'existe pas".
L'erreur de l'hypothèse de l'insauvabilité
Ce sophisme suppose qu'une hypothèse ou une théorie doit être vraie parce qu'il n'a pas été prouvé qu'elle était fausse.
Exemple : "Personne n'a réfuté l'existence du Yéti, donc le Yéti doit exister".
L'erreur des vœux pieux
Il s'agit de croire que quelque chose est vrai ou faux parce que l'on souhaite ardemment qu'il en soit ainsi, plutôt que de fonder sa croyance sur des preuves et la raison.
Exemple : "J'espère gagner à la loterie, donc je suis sûr que je gagnerai un jour".
Le sophisme de l'incrédulité personnelle
On parle d'incrédulité personnelle lorsque quelqu'un rejette un argument parce qu'il est difficile à comprendre ou qu'il a personnellement du mal à y croire, sans fournir de preuves à l'appui.
Exemple : "Je n'arrive pas à comprendre comment fonctionne l'évolution, donc ce n'est pas vrai".
Appel à la médisance
Ce sophisme consiste à rejeter un argument ou une affirmation par dépit ou par dédain pour la personne qui l'avance, sans se pencher sur les mérites réels de l'argument.
Exemple : "Je me fiche de savoir si c'est une bonne idée : "Je me fiche de savoir si c'est une bonne idée ; je ne la soutiendrai pas simplement parce que tu l'as suggérée".
Le sophisme de la preuve supprimée
Omettre intentionnellement des informations ou des preuves pertinentes qui contredisent votre argument.
Exemple : "L'étude a montré que notre produit est efficace, mais ne parlons pas des effets secondaires".
Le sophisme de la fausse attribution
Attribuer une déclaration ou un argument à quelqu'un qui n'en est pas l'auteur.
Exemple : "Albert Einstein a dit que les vaccins étaient dangereux" : "Albert Einstein a dit que les vaccins sont dangereux". (Einstein n'a jamais dit cela.)
L'erreur de l'ambivalence
Le sophisme de l'ambivalence se produit lorsque quelqu'un affirme qu'une position est indésirable parce qu'elle conduit à un état de choses qui n'est ni désirable ni indésirable.
Exemple : "Cette politique nous laisse dans une situation qui n'est ni bonne ni mauvaise, c'est donc une mauvaise politique".
L'erreur de la fausse équivalence
Affirmer à tort que deux ou plusieurs choses sont équivalentes ou égales alors qu'elles ne le sont pas.
Exemple : "Comparer une infraction mineure au code de la route à un crime majeur est une fausse équivalence : "Comparer une infraction mineure au code de la route à un crime majeur est une fausse équivalence".
L'erreur de plaidoirie spéciale
Faire une exception à une règle ou à un principe pour un cas spécifique sans fournir de raison valable pour cette exception.
Exemple : "Je sais que c'est contraire aux règles, mais dans mon cas, c'est différent : "Je sais que c'est contraire aux règles, mais dans mon cas, c'est différent".
L'erreur de la culpabilité par association
Condamner un argument ou une personne sur la base de son association avec quelque chose ou quelqu'un perçu comme négatif.
Exemple : "On ne peut pas se fier à leurs recherches ; ils collaborent avec des organisations controversées".
Le sophisme de la solution parfaite (sophisme du Nirvana)
Rejeter une solution proposée parce qu'elle n'est pas parfaite, même s'il s'agit de la meilleure option disponible.
Exemple : "Nous ne pouvons pas mettre en œuvre cette politique environnementale parce qu'elle ne résoudra pas tous nos problèmes environnementaux."
Le sophisme de la conjonction
Supposer à tort que la conjonction de deux événements est plus probable que la probabilité de chaque événement pris séparément.
Exemple : "Les chances d'être frappé par la foudre et de gagner à la loterie le même jour sont très faibles, donc gagner à la loterie doit être plus probable qu'on ne le pense".
Faux raisonnement (hypothèse non plausible)
Présenter une hypothèse improbable comme s'il s'agissait d'une explication valable ou probable.
Exemple : "Je n'ai pas trouvé mes clés ce matin : "Je n'ai pas trouvé mes clés ce matin ; ce doit être parce que des extraterrestres les ont enlevées".
Conclusion
Il est essentiel de comprendre ces sophismes logiques courants pour penser clairement et mener des débats constructifs. En reconnaissant ces sophismes dans les arguments, vous pouvez aiguiser votre esprit critique et vous engager dans des discussions avec plus de discernement.
En évitant ces pièges, on obtient une communication plus efficace et des conclusions valables et bien motivées.
La prochaine fois que vous rencontrerez un argument ou que vous en ferez un vous-même, soyez vigilant à l'égard de ces sophismes logiques courants et efforcez-vous d'atteindre un niveau de raisonnement plus élevé.
La maîtrise de la logique est intellectuellement gratifiante et essentielle pour prendre des décisions éclairées et contribuer à un discours rationnel dans notre monde complexe.